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Trois siècles d'histoire

La Franc-maçonnerie moderne est un produit du siècle des Lumières. Elle est issue de la transformation, à partir de 1645, d'une vieille société de métier en une association de rencontres et de réflexion. La premièrelivretgodf Grande Loge se forme à Londres en 1717, alors "capitale" des idées philosophiques.

Le Grand Orient de France est la plus ancienne et la plus importante obédience maçonnique d'Europe continentale. Né en 1728 comme Première Grande Loge de France, elle a pris sa forme et son nom actuels en 1773. Classée parmi les Grandes Loges dites "libérales" et progressistes, elle est ouverte aux évolutions de son temps et se définit aussi comme une fédération de rites.  Si elle travaille principalement au Rite Français, dit Groussier, certaines de ses loges travaillent également au Rite Ecossais Ancien et Accepté, au Rite Ecossais Rectifié et au Rite Ancien et Primitif de Memphis Misraïm.

Depuis 2010, le Grand Orient de France est devenu une obédience mixte en acceptant l'initiation des Femmes en ses Loges. Cependant, chaque loge conserve le choix d'accepter ou non les Soeurs parmi leurs membres.

Aujourd'hui, le Grand Orient rassemble plus de 50 000 membres inscrits dans plus de 1200 Loges. Il propose une voie humaniste, initiatique et fraternelle. En effet, pour le Grand Orient de France, le perfectionnement individuel que permet l'initiation maçonnique et sa méthode, fait un devoir aux Francs-maçons de réfléchir aussi aux problèmes du monde et aux questions de société. C'est l'une de ses spécificités par rapport à d'autres obédiences maçonniques.

Plus généralement, le Grand Orient de France fonctionne sur un modèle démocratique. Ses loges sont souveraines et fortement attachées à la liberté absolue de conscience qui est garantie par la laïcité des institutions.

Un Ordre initiatique

Nombreux sont ceux qui ont une fausse idée de ce que représente la franc-maçonnerie. Certains pensent que c’est un ordre secret construit à l’image d’un mythe. D’autres prétendent qu’il s’agit d’un milieu d’affairistes, d’un mouvement politique ou encore d’un mouvement sectaire.

La franc-maçonnerie n’est pas un groupement d’intérêt, elle ne se substitue pas aux partis, syndicats ou associations quelconques. Elle est encore moins un mouvement sectaire et ne se réclame d’aucun dogme.. Elle n’a rien d’anti religieux non plus. Au demeurant, nombre de membres du Grand Orient de France sont croyants et pratiquants, ce qui ne les empêche pas de défendre le corollaire de la liberté de conscience qu’est la laïcité.

La franc-maçonnerie est avant tout un Ordre initiatique traditionnel et universel fondé sur la fraternité. C’est une association de personnes, structurée selon des règles héritées de traditions qui datent de plusieurs centaines d’années. C’est une école de vie et un enseignement de conduite morale où chacun peut s’épanouir par lui-même et s’enrichir de la pensée des autres grâce à la multiplicité des expériences et des opinions de chacun de ses membres. La franc-maçonnerie est avant tout un lieu de réflexion qui offre des outils de recherche personnelle, philosophique, spirituelle. Elle questionne l’Homme et lui propose de trouver en lui-même sa vérité.

La notion « d’ordre initiatique » est très souvent mal interprétée. Il représente en vérité un système de moralité explicité par des allégories et illustré par des symboles. C’est le respect des règles, la loyauté envers les engagements humanistes et progressistes que prennent les maçons qui rassemblent des hommes et des femmes libres, sans distinction de classe, de race, de langue, de religion, de nationalité, de culture ou de fortune, qui constituent un des fondements de l’ordre initiatique.

Être initié, c’est entrer dans une fraternité, et c’est aussi s’engager sur une voie de progression personnelle grâce à un rituel et des symboles. C’est par la mise en œuvre de ces « outils » que le nouvel initié commence son travail maçonnique qui est essentiellement un «travail sur soi» dans la plus totale liberté de conscience.

Des symboles et des rituels

Un symbole peut être un objet, une image, un mot, un drapeau, une personne, un chant, un geste, une couleur... Son sens « symbolique » est l’interprétation que chacun pourra lui donner pour l’associer à un thème, une idée, une pensée au sens propre comme au figuré. Les symboles ont toujours existé à travers le monde et dans tous les peuples. Tous les emblèmes constituent un signe conventionnel à valeur symbolique. Chaque pays, nation, religion ou institution, dispose de ses symboles. Ne dit-on pas d’ailleurs, que dans la vie, tout est symbole ?

L’univers de la franc-maçonnerie offre une multitude de symboles, de mots et d’objets spécifiques. Certains sont nés du métier de maçon, d’autres sont bibliques, astronomiques ou géométriques, voire alchimiques. Ils sont des outils qui permettent à chaque maçon de travailler sur "lui-même", de raisonner par des analogies pertinentes, des associations d’idées, des connotations.

En d’autres termes, les symboles donnent un sens figuré d’une représentation de la pensée chez un individu en particulier ou un groupe en général. Ils sont enseignés aux maçons pour être interprétés individuellement et conduire l’homme à un perfectionnement vers la connaissance, dans un esprit total de liberté, de tolérance et de fraternité. Ces symboles, font partie intégrante des rituels maçonniques.

equerresite2La tradition a transmis aux maçons un grand nombre de préceptes basés sur des principes de moralité explicités par des allégories et illustrés par des symboles. Ces symboles sont un trésor de l’institution maçonnique. Dépourvus de tout sens dogmatique, Ils s’adressent à la probité du maçon, à son honneur, à ses sentiments, à ses valeurs morales et spirituelles, à sa liberté de conscience, à un idéal social, dans un esprit de tolérance, de liberté et de fraternité. A partir du XIXe siècle, ils ont enrichi les traditions, les règles et les rituels médiévaux du Compagnonnage du tour de France créée en 1889, qui rassemble des hommes de différents métiers autour d’un même idéal : apprendre, progresser et transmettre ses connaissances.

Parmi les nombreux symboles, on citera notamment l’équerre, le compas et le fil à plomb. L’équerre étant le symbole de la droiture, de la rectitude, de l’équité, du devoir. Le compas fait référence à notre esprit qui peut s’ouvrir et s’élargir et le fil à plomb au juste milieu et à l’équilibre de la connaissance.

Dans ses rituels, la franc-maçonnerie ne se limite pas aux traditions. Si les rituels maçonniques sont essentiellement symboliques et donc sans dimension religieuse, ils font aussi référence à la sagesse des penseurs et des philosophes de l’antiquité : grecs, latins, égyptiens, mais aussi de Moïse, Jésus, Mahomet, Bouddha, Confucius, Socrate ou Pythagore...

L’aménagement de la loge où se réunissent les maçons, s’inspire de la manière dont sont organisées les sociétés humaines. Elle est à la fois la représentation de l’univers et de l’humanité. Dès lors, les rituels constituent un ensemble cohérent de règles et de pratiques inspirés par les traditions antiques et par la Bible. Les rites prescrivent les gestes, le langage, et les attitudes à respecter pour harmoniser les tenues organisées en loge.

Le secret maçonnique

La franc-maçonnerie est loin d’être une société secrète. Elle ne cache pas ses activités et encore moins son existence. Ce « secret maçonnique »parchemin qui fait parfois « fantasmer » certains, est avant tout un symbole qu'il faut pouvoir interpréter. Son origine remonterait aux bâtisseurs des cathédrales du Moyen-âge. Dans les chantiers dont ils avaient la charge, les ouvriers maçons construisaient des abris en bois qui servaient de salle de repos et dans lesquels ils rangeaient leurs outils.

Dans ces abris appelés « loges », ils organisaient des réunions au cours desquelles ils édictaient leur méthode de travail, échangeaient leurs secrets de fabrication, s’assuraient de la formation des jeunes appentis. Ces assemblées étaient ritualisées, et les maçons qui y assistaient, utilisaient des mots et des signes pour se reconnaître. Au cours de ces réunions, on y faisait aussi la lecture de récits historiques fantastiques écrits sur des parchemins appelés «les anciens devoirs». Ces rouleaux de parchemin que les maçons emmenaient partout avec eux, de chantiers en chantiers, retraçaient leur histoire, leurs origines, l’importance de leur connaissance des sciences en se référant notamment à Euclide qui donna pour la première fois le nom de "géométrie".
Ces maçons du moyen-âge n’étaient pas seulement des ouvriers ; ils formaient une véritable corporation de gens cultivés avec ses rituels, ses légendes et une spiritualité très développée. Quelques uns de ces parchemins manuscrits des anciens devoirs ont survécu à travers les siècles, dont le plus ancien date de 1588.

Bulle d'excommunication Clement XII 1738Le devoir discrétionnaire de la franc-maçonnerie, s’explique aussi par le fait que depuis sa naissance en 1723, les tenants de pensées centralisatrices et autoritaires ont exprimé leur hostilité, parfois la haine, de sa nature humaniste et de sa liberté d'esprit. Le 28 avril 1738, le pape Clément XII édicta une première bulle pontificale excommuniant ce qu'elle appelait communément la "société des Francs Maçons" (de Liberti Muratori - aut de Francs Maçons). Cette bulle considérée comme étant définitive et valable à perpétuité, fut reformulée par pratiquement tous les successeurs de Clément XII. L'encyclique Humanum Genus de Léon XIII, publiée en 1884 a condamné le relativisme philosophique et moral de la Franc-maçonnerie, considérant incompatible la profession de la foi catholique et l'appartenance à une loge maçonnique. En 1983, le cardinal Ratzinger (qui deviendra Benoît XVI), rappelait que "Les fidèles qui appratiennent aux associations maçonniques sont en état de pêché grave et ne peuvent accéder à la sainte communion".
Dès 1933, la Franc-maçonnerie deviendra aussi une des cibles favorites du régime nazi qui en fit sa propagande sur le thème ancien du complot "judéo-maçonnique" qui aurait eu comme but ultime de dominer le monde. Elle en a payé un lourd tribut face à ces attaques et la persécution des nazis et des communistes du bloc soviétique dans les années 1940 à 1945. Ces persécutions n’ont plus de raison d’exister de nos jours, mais elles ont induit une certaine obsession du secret chez beaucoup de Francs-maçons qui ont vécus ces périodes tumultueuses. Ce devoir discrétionnaire a ainsi été transmis aux générations suivantes et a continué de se développer.

Mais cette notion de secret est principalement liée à l’intimité, la sérénité et la tranquillité d’esprit, qui sont nécessaires à l’égrégore lors des réunions organisées en loge. Car le véritable secret maçonnique débute réellement par l’initiation du néophyte qui passe symboliquement du monde profane au monde sacré ; la notion de sacré n’étant pas ici la sacralisation d’une religion de foi, doctrinale ou mystique, mais bien lorsqu’elle est liée aux symboles qui permettent une interprétation individuelle de la pensée qui soit la plus rationnelle possible.
Ce moment de l’initiation est particulièrement intense. Il doit avoir été vécu pour le comprendre car il est sujet à l’interprétation individuelle de chaque individu en quête d’un idéal personnel que l’on se doit de respecter. C’est au sein de l’égrégore seulement que l’initié en quête de son idéal personnel pourra partager librement ses convictions et sa révélation intérieure et faire face aux exigences quotidiennes de la vie de profane. Cette expérience initiatique est donc très personnelle, intime, et repose sur la compréhension et l’interprétation individuelle des symboles maçonniques. C’est une des raisons pour lesquelles un Franc-maçon est libre de dévoiler sa propre appartenance à la franc-maçonnerie mais qu’il ne doit sous aucun prétexte, divulguer l'appartenance de ses Frères ou Soeurs car elle concerne l’intimité propre de chacun de ses membres.